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4/18/2008

Madame Géniale


Lorsqu'elle arrivait à l'école maternelle pour chercher son fils, c'est toujours comme si la terre menaçait de s'arrêter de tourner. Tout ce qu'elle disait, pensait (toujours à voix haute), tout ce qu'elle faisait ou s'apprêtait à faire semblait de la plus haute importance : penser à prendre le sac du goûter resté accroché au porte-manteau de la classe, interpeller une autre maman, "Eh salut, tu vas bien ? Oui ? C'est génial ! Il faut qu'on se voit, tu m'appelles ?", remonter la fermeture éclair de l'anorak de son fils, payer la cantine, relacer une basket.

L'expression de son visage trahissait l'urgence absolue de sa mission : son fils, sa bataille ! Elle parlait fort, toujours en inspectant furtivement les alentours à la volée, toujours en détachant les mots comme une maitresse, ne négligeant aucune négation, choisissant son vocabulaire avec un soin particulier, dans un but volontairement éducatif.
Ce n'est pas qu'elle aurait aimer qu'on la regarde, non, simplement elle souhaitait que l'on remarque quelle mère parfaite elle était. Petite, elle aurait tant aimé avoir une mère comme celle là, précisément.

Chaque jour je la regardais s'agiter. Inmanquablement le simple fait de la croîser déclenchait chez moi un trouble, un agacement profond. Puis un jour je m'aperçus que je ne savais même pas à quoi ressemblait son fils. Blond, brun, petit ou grand ? Aucune idée. Ce gamin était une petite ombre docile et jamais je ne lui avais prêté la moindre attention. La prochaine fois, juré, je penserais à lui réserver un sourire, je ferais en sorte qu'il remarque que je sais qui il est.

Il est si compliqué d'exister quand on a une mère absolument parfaite.

3/06/2008

La tentation









C'est bien connu, le cocu est toujours le dernier à le savoir.

Il y a quelques temps déjà que je poste sur des sujets tournant autour de la terre. Mais qui ne tourne pas autour, hein, c'est vrai ? La terre, le soleil, les planètes, et nous sur la terre, nous tournons. Même la roue tourne, même Thérèse (ma chienne) avant de se coucher elle tourne à plusieurs reprises sur elle-même pour être sûre et certaine qu'elle ne risque rien, qu'elle fait le bon choix. Bon, on va pas faire plus long ; cette idée tourne en boucle dans les reliefs compliqués de mon cerveau : un potager !

Oui, et alors ? Qui ose rigoler ? Je rêve d'un potager. J'ai bien le droit ! Choisir un terrain, lire. Lire beaucoup, des tas de livres sur le sujet. J'ai commencé par m'intérêsser à la nutrition, l'alimentation comme première médecine. J'ai déjà acheté un livre sur les plantes dépolluantes à planter dans la maison. Je m'approche je vous dis...

C'est pour ça qu'en ce moment j'écris sur les maisons écolos, les yourtes, la nutrition, l'autonomie énergétique, l'auto-suffisance. Ca me travaille. Aussi je cherche des moyens détourner d'arriver au sujet, l'air de rien, en faux cul de première qui cherche à se tromper lui-même en tournant doucement autour du pot. Je vous le disais, tout le monde tourne. Comme si là où je veux en venir était une conséquence inéluctable, alors que c'est un point de départ.
Le potager, ce n'est pas seulement planter des patates et travailler pour qu'elles poussent. Il me semble que c'est bien davantage. C'est à la fois un sacerdoce, une discipline, c'est du temps passé seul sur un terrain. Terrain pas trop grand, non, un truc envisageable pour un citadin. C'est un peu d'exercice physique quotidien, c'est de l'air que l'on respire. Bien obligé. C'est pas pour moi. Le truc c'est de tenir. Comme une traversée de désert ou un traversée en pédalo jusqu'à Oléron !

Le potager, ou, c'est comme partir. Partir. Lâcher tout ça, et partir.

Partir, je sais faire. Ce n'est d'ailleurs pas un très bon signe à priori. Jusqu'ici, cette excitation présageait un orage personnel d'envergure, un genre de collapse généralisé du bonhomme. Il me semble que c'est différent aujourd'hui. Il n'est pas question d'un dévissage, mais d'un recentrage.

C'est moi que je veux planter les pieds dans la terre. Mais debout et vivant, évidemment !

1/24/2008

Prise d'otages à l'école !

A l'heure où j'écris ces lignes, deux petits yeux noirs surveillent ce que j'écris par dessus mon épaule, je sens le souffle chaud d'une respiration sur ma nuque. Ca m'agace.

Merci Madame la maîtresse de faire grève, oui, merci l'école élémentaire de nous prendre en otages en refusant d'accueillir les enfants aujourd'hui. Merci encore...

J'avoue avoir un peu de mal à comprendre la logique qui amènent les profs à agir ainsi. Comment peuvent-ils être compris, défendus ?

Mystère et boule de gomme !

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