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2/29/2008

La cabanisation manifeste à Paris

Non, le mot n'est pas joli
Le terme fait trop vite penser à canibalisation, ou colonisation. Le choix de la terminologie pour défendre le fait de choisir de vivre dans une cabane (tente, tipi, yourte, construction précaire en terre ou en bois, caravane...) est une drôle d'idée !

Les associations de défense de la cabanisation organisent un rassemblement, du samedi 1er mars 10h00 au dimanche 2 mars 17h00, place de la Bourse à Paris. Il y aura des débats et peut-être mêm des tipis et des yourtes.

Gens du voyage
Les autorités ont partout la même tentation : endiguer, éradiquer le phénomène ! Le syndrome "gens du voyage" a encore de beaux restes. Des familles qui vivent autrement, sans payer les mêmes charges que les autres est insupportable aux habitants et aux autorités communales. Très vite les clichés reviennent au galop donner du sens à la colère : voleurs, des gens sales, rats, nuisances...
La pression sur ces nouveaux habitants est de plus en plus forte. Pourtant ce type d'habitat, le mode de vie qu'il implique est une voie à prendre en compte par les autorités. Il est porteur de solutions intéressantes, que ce soit en terme de logement, mais aussi en termes écologiques. Vivre sous un tipi ou une yourte n'implique pas de vivre dans une hygiène déplorable. Des solutions existent pour rendre cette vie raisonnablement vivable : phyto-épuration, toilettes sèches, énergie solaire et éolienne offrent certaines possibilités de confort. De plus en plus de familles avec enfants font ce pari : Ici ou


Jean-Baptiste Eyrault (DAL)
«On chasse les tentes dans les centres-villes, les caravanes des gens du voyage en banlieue et maintenant les logements alternatifs dans les campagnes… La lutte contre la cabanisation, désormais, touche tous les lieux. La crise du logement s’est exportée dans les zones rurales. Et l’habitat hors normes s’est développé. La cabanisation concerne une palette très large de population. De ceux qui n’ont pas les moyens de se loger ailleurs, aux personnes qui ont fait le choix de ce mode de vie. Ces habitats peuvent être des maisons en paille, des caravanes, des tipis, des yourtes… On en trouve surtout dans les régions rurales comme l’Ardèche, les Cévennes, la Bretagne, les Pyrénées, le Languedoc… Les personnes qui choisissent ce genre d’habitat sont souvent jeunes. Il existe un réseau d’entraide assez développé. Ils s’allient et s’aident pour construire leur logement. Mais évidemment c’est hors permis de construire, donc illégal. Car la plupart du temps, ils n’ont pas les moyens d’obtenir un permis de construire. On peut toujours réprimer mais il faut trouver des solutions alternatives. Car pour le moment, quand ces gens sont mis dehors, on ne leur propose aucune solution de relogement. Même si l’objectif officiel de ces arrêtés préfectoraux de lutte contre la cabanisation est d’éviter les risques pour l’environnement ou l’hygiène et de faire cesser cette activité illégale, le but est quand même de faire disparaître ce qui fait tâche dans le décor. (Cf. interview Le Contre Journal)

En France, la réglementation est dure, et quand on a pas d’argent, on ne peut pas se loger. Il faut rappeler que dans tous les pays du monde les villes se sont “auto-construites” sans permis de construire. Y compris en France. La plupart des personnes qui ont choisi ce mode de vie le font dans le plus grand respect de l’environnement, c’est le cas du collectif d’association qui se rendra samedi à Paris, place de la Bourse. Tout cela pose des problèmes de politique publique. On va bientôt interpeller Jean-Louis Borloo sur cette question.»

Près de 10.000 personnes vivraient comme ça rien que dans l’Ariège. On compte des communautés, des familles ou des personnes isolées dans les Pyrenées, en Bretagne, Cevennes, etc.

Source : Contre journal

2/21/2008

Into The (Real) Wild



Christopher Mc Candless

Tel est le nom. Le nom du type qui a inspiré Into The Wild, le dernier film de Sean Penn. Cette image est troublante. Lorsque cette photo apparaît à la fin du film, chaque spectateur connaît un instant de trouble. D'abord parcequ'on la croirait tirée du film. Un film, pas un film, du vrai, du faux ? Une dizaine de secondes sont nécéssaires pour comprendre que l'on est sorti du récit, que si on y regarde bien, ce visage qui nous est présenté devant le bus du film n'est pas celui du comédien Emile Hirsch. Le visage est celui du nom. Christopher Mc Candless. C'est un choc. Ce sourire, cette désinvolture. Il s'agit d'un autoportrait. Il ressemble si étrangement au comédien, il semble si sûr de lui, si tranquille qu'on l'imaginerait presque à la terrasse d'un troquet provensal prenant un bain de soleil. Mais non, il est assis peinard devant son cercueil et il nous contemple nous, assis dans le velour pourpre d'un multiplexe, à Paris ou à Brisbane, à Montfermeil ou à Montréal.

Primitif
Et le film repasse alors en une bouillie compact dans les circonvolutions de notre cortex cérébral, il va puiser loin jusque dans l'amygdal de notre système limbique, à la recherche d'une émotion particulière, tirée de l'expérience humaine qui existe en chacun de nous, avant nous ou au-dela de nous, qui fait que quelque soit notre histoire personnelle ou notre mode de vie, nous nous ressentons si proche du type de la photo, comme autant de membres d'une même "meute" d'humains.

Cela donne envie de lire le livre de John Krakauer, "Voyage au bout de la solitude".


Post Scriptum : 7 semaine après
Oui, je sais, il y a longtemps que le film est sorti ; et alors ! Je suis enfin allé voir Into The Wild de Sean Penn, 7 semaines après sa sortie en salles. Qui va sano va piano (oui, dans ce sens là ! Je préfère...).

1/29/2008

Oum le dauphin est mort

Euh ! E.T. si tu ne viens pas me rendre visite, sache que malgré l'indicible déception, je ne t'en tiendrais pas rigueur...

Le dauphin et l'homme entretiennent un lien étrange. Oui cet animal n'est pas un animal comme les autres, il y a dans ces images quelque choses qui les rapproche du meurtre davantage que de la simple "pêche".

12/12/2007

Grrrrrrrrr !

Magimix de merde marche pas mieux que l'ancien !
Je crois que j'ai décemment le droit de tuer "quelque chose" : un nain, un chat, un gendarme mobile, employé communal, une girafe, un fleuriste calabrais, une radiologue, un chauffeur de bus mexicain, ma dentiste du boulevard de Charonne, un ouvrier, un marin-pêcheur du Guilvinec, ma mère.

Re Grrrrrr !!!

12/11/2007

Expresso, mon Amour...


Expresso
Mise en ligne par reflexvital
Pour en finir avec un monde parfait
J'ai reçu un petit SMS du grand magasin, mais si vous savez bien. On me propose de passer au magasin afin d'y retirer un nouvel appareil de mon choix pour la même valeur que mon "ancien" Expresso qui était tout neuf, mais qui ne fonctionnait plus après 5 mois d'utilisation seulement. Je vous passe les détails Parce que déjà, je sens la pression monter.

Nouveau !
Un nouveau "Monsieur Sourire" est là, derrière le comptoir tout pourri du SAV, l'autre a peut-être bien rendu son tablier. En tout cas, le nouveau "Monsieur Sourire" m'accueille d'un large sourire surligné d'un "bonjour, monsieur" codifié par une direction tatillonne. Tout pareille que l'ancien "Monsieur Sourire". Il est organisé, rapide, professionnel. Cet homme-là devance toutes vos questions. Il m'informe que si jamais je désire tout autre chose qu'une machine Expresso, un écran plasma ou un Frigo à deux portes pour famille nombreuse par exemple, n'importe quoi, même de beaucoup plus cher, il n'y a aucun problème, je n'aurais qu'à payer la différence. Et si jamais je désire un truc moins onéreux, et bien cette fois c'est le grand magasin qui me rembourse la différente. "Notre métier, c'est de vous satisfaire, monsieur"

Am Stram Gram, Pic et Pic...
"Bon, je prends la même, pour voir si le cauchemar continue et je ne dis pas au revoir. Même pas à la vendeuse canon du rayon aspirateur. Personne, j'ai dit."

Non mais... Après un mois 1/2 à survivre sans café, je ne suis plus un garçon poli.

12/07/2007

9 milliards d'habitants, ça vous parle ?

Non ? Alors regardez à quoi ressemble un dimanche à la piscine à 9 milliards (nb d'habitants sur la planète Terre en 2040)

12/06/2007

Le vieil homme en Transit II

Dans un Ford Transit, depuis quelques semaines, tout prêt de chez moi, il y a un vieil homme qui survit.
Tous les jours, en me promenant avec Thérèse, je me dis qu'il faudrait que je rentre en contact avec lui. Avec l'homme. Seul dans son petit bahut.
Parfois, rarement, il met en route le moulin histoire d'avoir un peu de chaleur. A peine si on entend le moteur. Ce dernier a du recevoir l'ordre du vieux monsieur de demeurer discret.

Hier, l'homme est rentré à son camion en riant, d'un pas rapide. Il portait un gros matou tigré dans les bras. Son regard pétillait :
Ou bien il était heureux d'avoir enfin un ami, ou bien il allait le bouffer !

Dans tous les cas, le constat est sévère. Pourquoi est-il si difficile pour moi d'aller voir cet homme, de lui demander s'il a besoin d'un coup de main ?

Autre question : pourquoi faut-il qu'il vienne et qu'il aille toujours quand, Moi, je passe devant sa camionnette à la con ? Car moi je sais bien que le hasard n'existe pas.

12/05/2007

Une fille, un jeu stupide

Elles sont contraintes à se battre tous les jours pour prouver qu'elles sont des "hommes" comme les autres, leurs salaires demeurent inférieurs à ceux des hommes, à poste égal. Elles se battent donc, avec raison : tout ça pour ça !

Ma concubine jouant des heures durant à "Burger restaurant". Le jeu consiste à servir un maximum de clients dans un genre de Mac'Do virtuel.

Beurk !

12/04/2007

La frite tueuse Vs Capitaine tomate

La frite est capable de tuer une femme en un rien de temps
Exactement. Vrai de vrai. La chose a été savemment étudiée par des scientifiques Hollandais, sans doute fatigués de voir leurs jeunes et agréables consoeurs préférer déjeuner au Mac'Do plutôt qu'un vieux sandwich SNCF thon-tomates en leur savante compagnie.

Et comment procède la frite ?
La frite est sournoise, mesdames, messieurs. Elle agit à petits pas comptés, frite après frite, jour après jour. Et un jour justement : le cancer.

Selon le site belge (ben oui, on parle de frites !), Medicms.be : "... Pour les scientifiques néerlandais, qui ont suivi 120 000 personnes, les femmes qui mangent des chips chaque jour pourraient doubler leurs risques de cancer de l'ovaire ou de l'utérus. Les craintes sont reliées aux acrylamides, produits chimiques dégagés lors de la cuisson par friture ou grillade. Pour les experts anglais, d'autres facteurs pourraient être en cause et ils suggèrent aux femmes de ne pas céder à la panique.

Des tests de laboratoire ont mis en lumière, il y a cinq ans, un possible danger de cancer induit par les acrylamides . L'étude des chercheurs de l'université de Maastricht, publiée dans le journal médical Cancer Epidemiology, Biomarkers and Prevention est cependant la première à trouver un lien entre les acrylamides de la nourriture et le risque de cancer.

La nourriture colorée ou brûlée lors de la cuisson est de loin plus sujette à contenir des acrylamides. Pour les experts il est cependant impossible de les éliminer complètement de notre alimentation.

L'étude des chercheurs néerlandais a concerné 120.000 volontaires dont 62.000 femmes et le suivi a duré 11 ans pendant lequel 327 femmes ont développé un cancer de l'endomètre et 300 un cancer de l'ovaire.

L'analyse des résultats suggère que les personnes ayant mangé 40 mg d'acrylamides par jour, soit l'équivalent de la moitié d'un paquet de biscuits ou d'une portion de chips sont deux fois plus à risque de cancers que celles ayant mangé une quantité moins importante d'acrylamides. En dépit de la taille de l'étude les chercheurs pensent néanmoins que ces résultats doivent être confirmés par d'autres recherches."

Heureusement
Un instinct très sûr m'a jusqu'ici permis d'éviter systématiquement la compagnie des femmes qui mangent un paquet de chips par jour.

Aux femmes qui dégustent un paquet de chips par jour je souhaiterais dire ceci : sachez, mesdames, que tout espoir n'est pas perdu. Car la tomate est là, toute en rondeur généreuse, qui attend dans le panier à légumes de la cuisine de vous sauver la vie.

La tomate possède un réel effet de "protection" du cancer. Les lycopènes, mais aussi le phytoène et le phytofluène, pourraient jouer un rôle très important, notamment contre le cancer de la prostate.

Vous n'avez pas de prostate, Mesdames ?
Ah bon ! Vous... Vous êtes certaines ? Quoi dire ? Bonne chance peut-être. En tout cas, moi j'ai la super patate (pas mauvaise la patate crue pour la digestion, ceci dit en passant). Non, parce qu'on commençait à avoir la trouille nous !


Le sommet et la base

Michel onfray n'a pas tort lorsqu'il nous explique que le sommet trahit immanquablement la base. L'analyse qu'il fait du monde d'aujourd'hui me séduit davantage que celle d'Attali. Simon Nora nous manque !

Simon Nora avait dès les années 80 compris notre monde d'aujourd'hui. Il en avait décrit tous les contours dans un livre avec Attali. Son intelligence, son charme en faisait un être absolument à part. Il existe un document filmé (une émission où Fabius participait d'ailleurs) hallucinant où l'on voit Simon Nora expliquer la télématique et ses applications futures. Il en parlait avec la fièvre de quelqu'un qui a compris bien avant les autres ce qui va se passer.

Pour faire le lien entre Nora et Onfray, il me semble que cette idée d'une intelligence collective dont parle Onfray aurait sa place toute naturelle sur le net. Des idées collectivement discutées, travaillées, augmentées, modifiées à la manière dun Wikipédia. Le Grenelle de demain peut-être...

Blogged with Flock

Votre voiture à pédales, elle était comment ?

Embedded Video

Blogged with Flock

Source : Vincentdidier

11/30/2007

La vérité du terrain (comme au football)

La notion de terrain
Les médecines douces mettent l'homéostasie au centre de leurs approches. Je rêve d'un monde (Chichin aurait aimé !) ou médecines douces, techniques alternatives de bien-être et médecine scientifiques fonctionneraient main dans la main, en se respectant, pour le bien-être de leurs patients.
Personnellement je rêve de pouvoir travailler sous le contrôle de médecins. Ainsi les personnes qui font appel à ces techniques ne le feraient plus dans le dos de leurs médecins, en ayant presque peur de l'avouer. Cela éviterait bien des dérives, les charlatans ou les personnes mal formées évitant forcément la cohabitation avec la médecine.

David Servan-Schreiber incarne le réalisme en médecine. L'adage de Nicolas Sarkozy est donc porteur en ce moment. Oui, c'est vrai, "faisons ce qui marche". Sans autre procès d'intention.

S.O.S. fin de vie : un procédé "dégueulasse" ?

Association de "bienfaiteurs"
Une association luttant contre l'euthanasie vient de mettre en ligne une vidéo-témoignage où on voit le masseur-kinésithérapeute de Vincent Humbert mettre en pièce l'argumentation de la famille de Vincent Humbert pour justifier l'euthanasie, et ainsi obtenir l'acquittement de Marie Humbert, et dans un second temps, une loi encadrant l'euthanasie.

Tous les procédés sont bons... Quand on a toujours raison
L'Arche de Zoé avait montré le chemin. On a raison. Forcément raison puisqu'on défend le plus faible. Donc nous avons tout les droits.

Ce qui est dégueulasse, scandaleux, à gerber, c'est le mélange des genres. Des genres qui avancent cachés, qui ne disent jamais vraiment leurs noms, car la confusion arrange parfois.
Ca ressemble à un scoop de journaliste d'investigation ayant découvert les dessous d'un mensonge, d'un meurtre.
Ce témoin nous assure en préambule qu'il ne se prononce pas sur le bien fondé ou non de l'euthanasie, mais sur le cas Humbert uniquement. Mais la seconde qui suit, alors qu'il parle des malades suceptibles, à leur demande, d'être euthanasiés, il emploie le mot "tuer" ; on les tue. C'est évidemment le langage d'un militant, pas celui de quelqu'un qui n'a pas d'opinion sur le sujet. Pourquoi avancer cacher, si ce n'est pour avoir plus d'impact sur l'opinion ?
Quel aurait été l'impact si une incrustation au bas de l'image mentionnait que cette personne milite contre l'euthanasie, ou simplement qu'elle y est opposée ?
Le témoignage aurait perdu tout le poids du scandale, du mensonge prétendu de la famille Humbert. Cela n'aurait été que l'avis d'une personne engagée. Un coup d'épée dans l'eau.

La vidéo n'est rien d'autre qu'un outil marketting. Elle nous prend par la main, nous raconte une histoire. Une histoire délibérément orientée. On prétend nous présenter un témoin. Un gentil et valeureux témoin qui dit simplement, avec ses mots, ce qu'il a vu. Il ne représente personne, aucune association, aucun comité de quoi que ce soit, mais alors pourquoi le fait-il derrière la bannière de cette association précisément et non dans le bureau d'un juge, ou face à la caméra de France Télévision ou de TF1 ?
Il agit ainsi parce qu'il défend les valeurs de cette association. Il le fait ainsi pour que l'association en question puisse contrôler l'interview, contrôler le montage, contrôler la diffusion, pour que la vidéo renvoie automatiquement les internautes vers le site de cette association.
Une télé, une radio, un journal de presse n'aurait jamais montré ce document sans enquêter, sans contre point, sans complément d'information, sans éclairage pour comprendre.

Eclairage
Sur son site cette association prétend vouloir éclairer le public. Mais de quel éclairage parle-t-ils ? Qu'est-ce que ce mot signifie pour eux ?

Leur cause est pourtant respectable au départ. Banaliser l'euthanasie n'est pas souhaitable, promouvoir les soins paliatifs est une bonne chose. Personnellement je ne souhaiterais pas "profiter" de l'euthanasie. Je serais assez pour vivre cet instant sans assistance, quoi qu'il m'en coûte de souffrance. C'est mon droit. J'admets que l'on souhaite faire autrement et je trouve formidable que cela soit inscrit dans la Loi.
Se servir d'un cas individuel médiatique pour faire entendre sa voix en se fichant des conséquences sur les personnes mises en causes est honteux.

Le SAV des émissions

Un vrai feuilleton
Ce matin, armé de ma patience, d'un Libé, ma cafetière expresso Magimix à 250 € sous le bras, je retourne voir mon ami "Monsieur Sourire" au SAV du grand magasin. Sept personnes devant moi. Une heure de queue.

"Ca marche pas ?!"
Ben non, évidemment, ça ne marche pas. Je lui confie que je pense que le réparateur qui a réparé la machine ne l'a juste pas fait. Je crois même pouvoir avancer, cher "Monsieur Sourire", qu'il n'a rien branlé du tout, à part lui-même peut-être.

J'aurais aimé que "Monsieur Sourire", selon une procédure établie par une direction tatillonne, empoigne derechef son téléphone rouge, qu'il balance un numéro auquel quelqu'un répondrait, qu'il demande à parler au fautif dont le nom apparaitrait forcément sur le compte rendu de réparation, j'aurais apprécié qu'il lui passe un savon, le menace de licenciement si jamais l'incident était amené à se reproduire. Mieux encore, j'aurais aimé que "Monsieur Sourire", toutes dents dehors, me propose de monter avec lui dans son AX diesel pour qu'on aille ensemble pèter les dents de l'individu sur son lieu de travail, pour l'exemple. J'aurais aimé pouvoir calmer "Monsieur Sourire", le ramener à la raison, lui préciser que, biensur, cette affaire ne valait pas non plus une telle réaction.

Il m'a juste dit avec un large sourire surligné d'un "Au revoir, monsieur" codifié par une direction tatillonne que mon appareil serait de retour dûment réparé le dimanche 19 décembre, et qu'il s'engageait à m'avertir par SMS si mon cher percolateur était diponible plus tôt. "A bientôt cher monsieur !"

C'est ça, c'est ça...

11/29/2007

La pression

Un monde parfait
Dans un monde parfait, lorsque votre cafetière expresso tombe en panne, le type qui vous reçoit au SAV du grand magasin vous accueille d'un large sourire surligné d'un "bonjour, monsieur" codifié par une direction tatillonne. Il est organisé, rapide, professionnel. Cet homme-là devance toutes vos questions. Il est même capable de vous donner à l'avance le jour de retour de votre appareil dûment réparé, il s'engage aussi à vous avertir par SMS si votre cher percolateur était diponible plus tôt. "En cas de retard ? Mais il n'y en a jamais, monsieur"

Ce monde m'était promis sur la facture d'achat du-dit percolateur. Je n'y croyais pas vraiment. J'avais bien raison.

5 novembre 2007
Mon cher percolateur est en carafe. Je le sentais venir depuis quelques semaines, la pression faiblissait jour après jour, la bête fumait, crachotait comme un vieux fer à vapeur. En bon père de famille, j'avais pris soin de suivre scrupuleusement les recommandations du fabriquant, un détartrage tous les mois, et ce dès le premier mois.
Par acquis de conscience, je fis malgré tout plusieurs détartrage d'affilé ; je n'allais quand même pas déranger le SAV et faire marcher la garantie au premier désagrément venu. Je démontai la buse de l'appareil, nettoyai, brossai, vérifiai. Je remarquai que lorsque j'enlevai la buse, la pression du jet d'eau était normale. Il me sembla donc évident que le problème de cette machine provenait d'une buse défectueuse et non d'un banal encrassement.

Le jour où je pointai ma fraise au SAV avec mon percolateur familiale sous le bras, je constatai à quel point l'enver du décor était nettement moins reluisant que la surface de vente. Les sources de lumières étaient faiblardes et peu nombreuses, les murs étaient couverts de crasse, il faisait froid et les employés avaient remisé le beau costume rouge et la cravate au vestiaire. Ils devaient les mettre le dimanche par aller au stade. La surface du comptoir avait été rafistolée avec les moyens du bord, un angle avait même été renforcé au gafeur. Et puis il y avait ce panneau, plus exactement cette feuille de papier sur laquelle était écrit au marqueur d'une écriture à peine lisible :

"Suite à une panne informatique, le SAV est fermé.
Revenir demain"


C'est à dire que lorsque l'ordinateur du SAV est en panne, et bien le monde s'arrête. Je repartis avec ma machine expresso qui me paraissait tout à coup bien plus lourde qu'à l'aller.

Deux tonnes
Le lendemain, ma cafetière de deux tonnes et moi, on s'est retrouvé face au même panneau, exactement au même endroit. Je décidai de m'enquérir de la situation au comptoir d'à côté, celui du Retrait des Achats où l'ordinateur ronronnait, confortablement posé sur son pupitre. Je tentai bien une approche sans faire la queue, mais la jeune femme blonde aux cheveux gras (je précise cet aspect des choses à l'attention d'une nouvelle lectrice que je ne voudrais surtout pas décevoir) refusa catégoriquement de me répondre, conforté dans son choix par la dizaine de vieux coincés qui attendaient qu'on leur livre leur écran plasma ou une yaourtière.
Après une demie heure d'attente, ce fut mon tour. Elle me regarda avec sa paupière lourde, puis désigna le panneau qu'elle me lut : "Suite à une panne informatique, le SAV est fermé. Revenir demain" Après quoi elle se tourna vers ses collègues en ricanant : "Y en a, y z'ont vraiment du temps à perdre ?" Puis elle daigna enfin lever ses paupières pour me regarder de ses yeux, elle haussa les épaules : "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus ?"

L'oeil du dragon
A la vitesse d'un Samouraï, j'enfonçai deux doigts, les plus gros que j'avais, dans les narines de la blonde et...
Non. Non, évidemment je n'ai pas fait ça. Mais je l'ai pensé si fort. Elle a du l'entendre. Enfin j'espère. J'ai simplement précisé que ce panneau était déjà présent la veille, ainsi que moi et aussi ma machine en panne.

Quatre jours de suite je suis ainsi revenu. La blonde, dès qu'elle m'apercevait, disparaissait d'un coup dans la remise. Je vous entends déjà : "oui enfin quand même, il est un peu con l'auteur, il aurait pu téléphoner, non ?"

Essayez de les appeler, pour voir...

J'ai finalement pu leur confier ma bécane. L'homme qui me reçut était un véritable professionnel, sans la cravate toutefois. Il m'accueillit avec un large sourire surligné d'un "Bonjour, Monsieur" codifié par une direction tatillonne. Il était organisé, rapide, oui un vrai professionnel. Cet homme devança toutes mes questions, il fut même capable de me donner le jour de retour de mon appareil dûment réparé : "le 11 décembre, Monsieur". Il s'engagea même à m'avertir par SMS si mon cher percolateur était diponible plus tôt. En cas de retard ? Non, de cela il ne parla pas.

SMS, mon ami
Aujourd'hui 29 novembre, un SMS m'annonça que ma machine espresso était disponible au SAV du grand magasin. Formidable le monde moderne. Ces types réparent plus vite que leur ombre.

Sourire codifié : "Je tape le rapport, monsieur, je vais pouvoir vous dire qu'elle était la panne" Diagnostic : détartrage, éssai, retour au client.
Je regarde le type, tel Numéro 6 faisant face à Numéro 2 : "sans déconner, ils me prendraient pour une truffe vos réparateurs ? Je vous pari un billet que vous me revoyez demain avec cette machine !"

Essai
Une fois la machine déballée, posée à sa place sur le plan de travail de la cuisine, je remplis le réservoir afin de faire un essai. Je mis un certain temps à m'apercevoir que l'eau que je versais se répandait aussitôt tout autour de la machine : "Merde ! C'est quoi encore ?"

Ces abrutis avaient dû faire tomber le réservoir, l'angle avant gauche du bidon en plexiglass était brisé.

Pari gagné
J'ai déjà gagné mon billet virtuel. Le type me reçut, le sourire en moins, la bienveillance en plus. "Il n' y en a plus en stock, mais je vais vous trouver un autre réservoir dans une machine neuve".
Super.

Triple buse
18h30, le moteur de ma machine expresso ronronne, je penche la tête pour voir ce qu'il se passe. Rien : quelques gouttes de café s'écrasent mollement dans la tasse. Evidemment, c'est la buse qui est défectueuse.
J'ai raté ma vocation...

11/26/2007

Les "babos" de Beuzec ont des ELLE


Kamarades !
C'est à cause de ces gens là précisément qu'il m'arrive la nuit de rêver de yourtes, d'herbe mouillée, de vent, de bruits nocturnes. Je les ai rencontré il y a sept ou huit ans. Evelyne et son compagnon de l'époque étaient pleins de projets. Je les écoutais en me disant : "Ouais, cool, ça m'irait bien comme vie !" Evidemment, je ne pensais pas qu'ils iraient au bout de leurs idées, pas aussi loin en tout cas.

Vivre autrement, la décroissance, la simplicité volontaire, c'est possible. Ca marche. A chacune de mes visites, je vois les changements, les progrès, les décisions ici s'incarnent toujours dans des actes fort : l'achat d'un grand terrain pour cultiver, la construction d'une cuisine extérieure, d'une immense cabane en forme de bateau pirate autout d'un arbre.
Ce que prétend Evelyne, c'est que tous ceux qui ont fait l'expérience, même pour quelques semaines de vacances, d'abandonner logis, voitures, travail souvent peu gratifiant humainement, et tous les soucis qui s'y raccrochent (traites, essence, budget d'entretien, stress, etc) que l'on traîne derrière soi comme un fardeau qui nous éreinte, qui remplit nos esprits d'angoisses bien d'avantage que de plaisirs durables, ceux-là se redécouvrent de façon très authentique. Alors quelque fois tout s'éclaire pour eux quand aux véritables attentes de leurs vies.

Nos vies se réduisent bien souvent à "gérer" tant que possible ces "charges" sans importance au fond, mais que nous payons très cher.

La simplicité volontaire n'est pas faite pour tout le monde. Difficile de croire comme elle le dit qu'elle incarne la préhistoire d'une nouvelle histoire. Prendre la direction de la simplicité volontaire est une nécessité pour l'humanité, sûrement. Mais jusqu'à quel point.

Nous sommes la première génération d'humains a légitimement douter de la survie de notre espèce. Le caractère exponentiel du réchauffement climatique nous interdit de nous projeter dans le "futur" au-delà d'une trentaine d'années.
Dans dix ans, aura-t-on le choix de notre mode de vie ? Pas si sûr...

Alors oui, ça me fait franchement plaisir de les voir en images sur papier glacé, tant qu'il en reste...

11/23/2007

Le vieil homme en transit

Une avenue, quelque part dans Paris
Le Ford Transit devait avoir fait deux fois le tour du compteur, et peut-être aussi de la terre. Il était garé là, près d'une école maternelle ; blanc, cabossé et rouillé. La pluie qui tombait ce matin là redonnait un peu de brillant à la carosserie. Les vitres arrières du fourgon étaient masquées par des cartons et des palettes de chantier placés à la verticale contre les portes. C'est cela que je remarquai en premier : il devait y avoir un sacré bazar à l'intérieur. Peut-être la camionnette d'un ouvrier du bâtiment faisant des chantiers au noir. Il y avait des travaux dans un deux pièces du second étage de mon immeuble, j'imaginai que c'était peut-être à lui.

Du temps s'écoula. Les feuilles tombèrent des arbres, faisant un tapis imposant sur le trottoir, des Petits hommes verts et leurs engins de nettoyage de la Ville de Paris vinrent effacer les traces de l'automne, et le vieux Ford Transit blanc n'avait pas bougé un seul jour. Le bazar à l'intérieur non plus.

Le jour où je vis une épaisse fumée blanche s'échapper du pot d'échappement du Vieux Ford Transit, mon regard chercha aussitôt qui se trouvait au volant. Je ne vis d'abord que l'éclat rouge d'une cigarette briller dans l'ombre.

L'homme qui se trouvait au volant me sembla petit. Petit et sec. Et il était vieux. Ses traits étaient creusés, dur, son teint gris. Il arborait une maigre barbe de quelques jours, il portait aussi un bonnet en laine sur la tête. Il faisait très froid sur Paris. D'une main il tenait le volant de l'autre sa cigarette qu'il roulait machinalement entre ses doigts entre deux tafs. Il pleuvait, les essuie-glaces balayaient sporadiquement le pare-brise, si bien que le vieil homme disparaissait par intermittence derrière un rideau de gouttes qui le transformait petit à petit en un tableau inquiétant de Francis Bacon.

Je m'arrêtai à sa hauteur, mon chien pissa, je fixais le vieil homme. Il regardait droit devant lui. Devant lui, il n'y avait que l'arrière d'une Clio grise et rien d'autre. Il ne semblait rien attendre. Simplement il était là, au volant d'un Transit toussottant, moteur allumé.

Ce soir, un carton qui masquait la vitre latérale du fourgon avait glissé de son emplacement. J'ai pu regarder à l'intérieur. A l'arrière de la fourgonette se trouvait un vieux frigo, un vieux vélo, quelques meubles entassés n'importe comment, des objets disposés au mieux dans les interstices, un matelas miteux sur le tout. Dans un minuscule espace libre s'entassaient des gros sacs poubelles noirs remplis de vêtements bien pliés...

Le vieil homme habite là.

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